Interview du fondateur de La Grande Dînette

———- SOCIÉTÉ / PROJET ———-

Darina Senhaji : Quelle est l’idée de ta startup FAR ?

Christopher Lemoine : La Grande Dinette est un service de livraison de paniers recette pour les jeunes enfants, à domicile. Tout est parti d’une problématique personnelle : les deux autres co-fondateurs et moi sommes tous jeunes parents et on s’est sentis un peu débordés par la gestion de la nourriture à l’arrivée de nos enfants. On voulait bien faire pour nos enfants, mais on en avait marre de faire les courses tous les jours, de nous creuser la tête pour imaginer de nouveaux menus, et de suivre les recommandations millimétrées et souvent complexes du pédiatre. Que donner à manger à nos enfants, qui soit bon, sain, rapide et pratique ?
Pour s’attaquer au sujet, nous avions créé « Mission Biberon » (www.MissionBiberon.com), des petites vidéos publiées sur Facebook pour répondre aux diverses questions des jeunes parents. Mais la nourriture est un enjeu tellement important que l’on s’est vite rendus compte que des vidéos ne suffisaient pas. Nous avons donc créé La Grande Dinette, avec des recettes conçus par des spécialistes de la nutrition infantile, qui suivent précisément l’évolution de l’enfant, et des produits de qualité, livrés à domicile.

 

DS : A qui cela s’adresse-t-il ?

CL : La Grande Dînette s’adresse aux jeunes parents urbains. Nos fiches recettes pour les bébés de 6 mois à 3 ans sont élaborées par des chefs et des diététiciens en pédiatrie. Les recettes sont simples, avec une cuisson à l’eau, au four et à la vapeur. Elles se préparent rapidement : 10 minutes de préparation et 15 minutes de cuisson, tout juste le temps de donner le bain à l’enfant !
Les produits sont frais : fruits, légumes, crèmerie et épicerie sont bio, le poisson est principalement issu de la pêche française, et la viande est labellisée. Nos recettes sont de saison et diversifiées, afin de respecter les différents stades de croissance de l’enfant et pour éviter que les parents ne transmettent pas leurs phobies alimentaires aux enfants !
En résumé, La Grande Dinette s’adresse aux parents qui travaillent, qui sont pressés et qui veulent offrir des repas variés et équilibrés à leur enfant, sans recourir systématiquement aux petits pots. Ils ont une envie certaine de s’investir dans l’alimentation de leur enfant, sans pour autant passer tous les jours au supermarché pour faire les courses. Donc on leur livre, à la maison ou au bureau, tout pour cuisiner, afin qu’ils gardent leur énergie pour ce qui compte le plus : faire en sorte que les repas restent un moment agréable en famille !

 

DS : Où en êtes-vous ?

CL : En 2015, Marc et moi avons créé « Mission biberon », et La Grande Dînette a vu le jour l’été dernier. On a testé le marché au moyen d’une campagne de crowdfunding. Résultat : plus de 100 clients, 200 livraisons et 8 000€ de pré-commandes en 5 semaines. Donc en début d’année on s’est concentré sur ces 200 commandes à honorer, et on a beaucoup travaillé pour peaufiner l’expérience client. On vient tout juste de lancer la boutique en ligne, et on va commencer à communiquer !

 

DS : Quelles sont les prochaines étapes ?

CL : Le but est de déployer le concept sur une plus grande échelle, compte-tenu des premiers succès rencontrés. Donc cap sur l’acquisition de nouveaux clients, à Paris d’abord, et ensuite dans d’autres grandes villes !

 

DS : Quel est le modèle économique ?

CL : La Grande Dinette est un service qui fonctionne par abonnement. Pour 49€, livraison incluse, les parents reçoivent 5 fiches recettes et tous les ingrédients pour cuisiner 3 portions de chaque, soit 15 repas variés et équilibrés.
L’avantage de ces paniers repas ? Pas de courses à faire pour le bébé, pas de perte (tout est soigneusement portionné), pas besoin de se plonger dans les notes du carnet de santé, et pas besoin de réfléchir à comment faire découvrir les brocolis et le curcuma !

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———- FONDATEUR ———-

DS : Qu’as-tu fait pour en arriver là ?

CL : J’ai travaillé 10 ans dans la communication, en agence de publicité (BETC), puis je me suis occupé de la communication chez Michel et Augustin, ce qui m’a permis de découvrir food et entrepreneuriat ! Au quotidien, j’étais très proche d’Augustin et de Michel, deux tempéraments d’entrepreneur : ils ont réveillé mes envies d’entreprendre, qui somnolaient depuis un moment.

 

DS : Comment as-tu rencontré tes associés ?

CL : Nous sommes 3 copains. Anne-Laure travaillait avec moi chez Michel et Augustin en tant que Directrice Artistique (DA). Aujourd’hui, elle est en charge de toute la partie image de marque, communication, UI/UX chez La Grande Dinette.
Quant à Marc, un copain de longue date, Il m’a envoyé un SMS alors qu’il s’ennuyait à mourir pendant un cours de préparation à la naissance, à la maternité. C’est lui qui a eu l’idée de s’attaquer à la parentalité. Aujourd’hui, Marc s’occupe des finances et de l’administratif. Et moi, je m’occupe des opérations et de coordonner le tout !

 

DS : Pourquoi la FoodTech est-elle un secteur intéressant ?

CL : Je ne suis pas venu par conviction mais par opportunité dans ce secteur. En ce moment, il se passe un milliard de choses dans la food (Frichti lève 30M€, Blue Apron entre en bourse, Amazon rachète Whole Foods) : c’est très excitant !
Aujourd’hui, les paniers recette sont encore à leurs balbutiements en France, j’attends avec impatience de voir comment les comportements vont évoluer. En parallèle, le bio rentre dans les mœurs, chez les jeunes parents notamment, et la livraison de repas est en plein boom. Toutes les startups food ne survivront certainement pas, cependant pour le moment il faut profiter de l’émulation autour du secteur.

 

DS : Un conseil à un futur entrepreneur FoodTech ?

CL : Il est primordial de tester son produit. On a eu recours au crowdfunding et je le recommande fortement, car les personnes qui soutiennent le projet montrent qu’ils sont prêts à payer, contrairement à un simple questionnaire où la réponse ne vaut pas grand chose. Regardez l’exemple de l’iPhone et de Steve Jobs : s’il avait demandé au grand public s’il était intéressé par un OVNI comme l’iPhone où on avait enlevé les touches, tout le monde aurait certainement répondu « non ».
La première fois qu’on a reçu une commande émanant d’une personne ayant auparavant participé au crowdfunding, et qui voulait payer pour renouveler l’expérience, on s’est dit que notre offre répondait à un besoin !

La Grande Dinette - Team

 

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